Interview de Jay Style, chef d’orchestre de THE CLIMB Alpe d’Huez

THE CLIMB Alpe d’Huez n’est pas seulement un contre-la-montre. C’est aussi une fête et une manière de célébrer la passion du cyclisme autour de laquelle se retrouvent les participants, leurs familles et l’organisation. Dès cette première édition, l’ambiance se doit d’être à la hauteur de la légende des 21 virages, avec un maître de cérémonie prestigieux. C’est pourquoi nous sommes très heureux de compter sur Jay Style pour ce grand lancement, et nous sommes ravis de vous le présenter à travers cette interview, qui parle de musique, de vélo et d’émotions.

Qui es-tu Jay-style ?

Je m’appelle Jérôme, j’ai 51 ans. Je suis suisse, originaire d’un petit village de montagne qui s’appelle Villars-sur-Ollon, ce qui ne veut pas dire pour autant que je suis bon sur un vélo dès que ça grimpe, évidemment ! Mon nom d’artiste est Jay-Style. C’est un nom qui s’est construit au fil des années. À l’époque, il fallait un nom et un prénom, comme Bob Sinclar ou David Guetta. Un artiste m’a dit un jour que j’avais du style, d’où mes débuts comme «DJ Style », puis c’est devenu Jay Style, « Jay » provenant de Jérôme.

DJ, speaker, sportif touche à tout ? Quelle est la connexion entre tous tes talents et tes passions ?

Je suis speaker et je suis sportif, un sportif comme beaucoup d’autres, qui adore le sport sans avoir besoin d’atteindre des résultats incroyables mais qui se fixe tout le temps des objectifs. Je suis également préparateur mental pour des athlètes dont certains de haut niveau. Je suis aussi coach de vie. En fait, le lien entre tous ces profils, c’est la passion, ce que la musique procure aux gens, les émotions. Mes profils s’enchainent dans cette suite logique. Je vais donner un exemple tout bête. On m’a fait débuter comme speaker sur le triathlon et je me suis vite rendu compte que quand je parlais, le côté événementiel fonctionnait, mais certains sportifs avaient d’autres attentes, ils cherchaient une vibration qu’ils ne ressentaient pas. Pourquoi ? Parce que je n’avais jamais pratiqué cette discipline. Je me suis dit qu’il fallait que je goûte au triathlon. J’ai commencé à nager, courir et faire du vélo et le lien s’est établi entre le sport et ma facette de speaker. Quand je suis speaker, mon travail comprend une partie très technique, et une grande partie émotionnelle. Là, nous parlons de l’Alpe d’Huez. Je l’ai montée, je sais ce que j’ai vécu. Mon histoire avec cette ascension, je vais essayer de la transmettre pour motiver à ma façon les gens qui vont vivre cette expérience incroyable.

Quel genre de DJ est Jay Style ? … et quel genre de cycliste ?

Je suis un « DJ 360 ». Je m’explique : dans ma volonté de m’intéresser à beaucoup de choses, tout au long de ma carrière j’ai voyagé à travers les styles de musique. Maintenant je connais mon fil rouge, l’électro – je pèse mes mots car parfois le terme « électro » est galvaudé- avec un rythme qui va au-delà de 120 battements par minute mais tout de même un composant très mélodieux. Il faut que ça groove, il faut que ça chante au niveau de l’oreille. Par contre, ça m’arrive de jouer avec des potes sur des sons un peu plus neutres, où il y a un peu moins de mélodie, où c’est vraiment électro. Donc je suis vraiment un touche-à-tout. Concernant le cycliste, c’est marrant parce que pendant longtemps, je me considérais bon grimpeur. Puis le temps passe, et je me rends compte que je suis devenu meilleur sur le plat où j’arrive à emmener des gros braquets. Quand ça monte, j’apprécie l’effort, mais je suis moins bon que quand je me mets sur les prolongateurs et que je commence à envoyer du lourd sur les pédales. Je suis maintenant un rouleur plus qu’un cycliste qui va faire la différence dans les cols ou les montées.

Que représente l’Alpe d’Huez pour toi ?

L’Alpe d’Huez représente pour moi deux choses. Je viens de la montagne donc naturellement le domaine skiable de l’Alpe d’Huez me semble fantastique. J’ai eu la chance de travailler longtemps pour le SFR Free Skiing Tour où j’animais les épreuves de slope style, de big air et le half pipe. L’Alpe d’Huez représente donc le ski et la montagne. Mais fatalement, en tant que sportif, l’Alpe d’Huez représente aussi pour moi le haut lieu du Tour de France. Ses 21 virages légendaires m’ont toujours passionné quand je regardais le Tour de France. Je trouvais le spectacle de ces guerriers de tellement haut niveau absolument dingue. La première fois que j’ai monté l’Alpe d’Huez à vélo, je me suis arrêté au panneau 21 pour le toucher, comme pour vérifier si c’était bien vrai. Je pense qu’il n’y a pas un pays où l’on parle de vélo et de sport où les gens ne connaissent pas l’Alpe d’Huez. En tant que cycliste, tu sais qu’il y a des cols incroyables mais si tu as un col à gravir dans ta vie, c’est celui-ci.

Ta première fois à l’Alpe d’Huez ?

Mon expérience de la montée de l’Alpe d’Huez est assez contrastée. Quand j’y suis allé, je suis arrivé avec une confiance absolument folle. C’était il y a plus de 10 ans et à cette époque je ne m’entrainais pas beaucoup, faute de temps. Lorsque je l’ai grimpée pour la première fois, à l’entrainement, je me sentais bien même si je me rendais compte que c’était dur. Je me souviens avoir été dépassé par Charlotte Morel, une triathlète. Elle était tellement facile que j’ai pensé qu’il y avait peut-être un soucis mais je ne me suis pas trop inquiété. Je l’ai ensuite affronté en course, lors du Triathlon L de l’Alpe d’Huez qui était mon premier triathlon. Je n’avais pas vraiment un vélo adapté, surtout au niveau de la cassette arrière. J’ai souffert dans les premiers virages, dans toute cette partie difficile qui mène jusqu’à la Garde. Je me rappelle avoir compris que ce serait laborieux. En sortant du village d’Huez entre le virage 5 et le virage 2 je crois, je me suis retrouvé avec le vent de face. J’étais debout sur les pédales et je n’avançais plus, je ne pouvais pas. Mon coach Patrick Bringer, me mettait la pression : « Jérôme il faut que tu accélères parce ce que sinon tu ne rentres pas dans les délais pour partir à pied». Alors j’ai tout donné ! L’anecdote vient après, au début de la course à pied. J’étais tellement fatigué que je me suis allongé dans un champs et j’ai dormi environ 30 minutes, avant de repartir et finir mon triathlon.

Aurais-tu un virage préféré ?

Le 1. Quand tu le vois, tu sais que tu es arrivé, tu es venu à bout de cette montée. J’ai 2 chiffres préférés, le 7 et le 11. J’avais toujours entendu dire que les virages 11, 10 et 9 déterminent la forme de chacun. C’est vrai, je me rappelle que cet enchainement est un moment qui te consacre : à ce moment précis tu sais si tu étais assez préparé ou bien s’il faut retourner à l’entrainement parce que ce passage a été compliqué.

Quelles seront tes responsabilités sur la première édition de THE CLIMB Alpe d’Huez ?

Ma responsabilité, c’est avant tout de partager l’amour que j’ai du sport et de la musique. Donc je serai là au début pour motiver tout le monde, pour préparer les participants, pour les mettre dans les meilleures conditions possibles, répondre à leurs ultimes questions sur l’organisation. Je me mettrai à leur disposition. Ensuite, mon rôle sera de les accompagner tout au long de la journée jusqu’au dernier moment. Le soir, mon but sera de résumer en deux heures de musique cette journée incroyable et unique que nous aurons partagée ensemble, pour pouvoir lâcher toutes les émotions vécues dans la journée. Certains viendront faire un temps et auront du stress à libérer, alors que d’autres auront l’énorme satisfaction d’avoir atteint le sommet. Cette montée fait peur, je pense. Quand tu arrives au bout, tu peux légitimement exploser de joie. Je voudrais être une sorte de fil rouge lors de cette journée.

À travers ta performance le 18 Juin, tu vas donner vie à l’esprit et au caractère de THE CLIMB Alpe d’Huez édition 0. Que prépares-tu ?

Je pense que c’est un peu prétentieux dire que je vais donner du caractère à THE CLIMB. Je pense que THE CLIMB a un caractère inné, c’est une montée déjà mythique. L’esprit, ça va être un peu à l’image de ma personnalité, le côté 360 : chacun aura un souvenir spécifique de la journée. À moi de donner vie à ce sentiment qui nous rassemble : « on l’a fait ».

À quelle ambiance s’attendre, sur THE CLIMB Alpe d’Huez ?

Tout DJ aimerait avoir cette baguette magique que pour connaître à l’avance l’ambiance qu’il va trouver. La seule chose que je sais c’est que je viendrai avec ma bonne humeur et mon énergie. Naturellement, l’ambiance sera un peu sérieuse au début avec les participants plongés dans leur course, mais elle aura aussi une touche festive car je compte bien m’appuyer sur les accompagnateurs. Je pense que l’ambiance sera multiple, autour du sport, de la musique, des rencontres.

À quelle musique tu penses, quand tu penses aux 21 virages ? Une petite recommandation à nous faire ?

Il nous faut une musique que nous aimons tous ! Mais pour tous ceux qui cherchent une musique pour se motiver pour la montée, je leur conseille la musique qu’ils aiment le plus pour faire la fête. Ils peuvent aussi se préparer une playlist de musiques stratégiques, en fonction des différents passages de l’ascension et selon leur estimation de temps ! Par exemple, sur les premiers lacets si exigeants, j’imagine de la house à 120/125 BPM, un truc qui ronronne, pour trouver le rythme. Après cette difficulté, je choisirais un morceau plutôt « soleil », plus festif, pour tourner les jambes. Et ainsi de suite.

L’Alpe d’Huez en 1 mot ?

« Mythique », au risque de ne pas être très original !